mercredi 7 septembre 2016

Livres de contes pour vos enfants à prix réduits

C'est la rentrée !
Vous qui cherchez des livres pour vos enfants mais dont les moyens financiers doivent servir de nombreux postes de dépenses, vous trouverez ici des livres de contes pour vos petits à des prix très raisonnable pour des mines réjouies je vous propose :
Editions Lito
Le loup et les sept chevreaux

**dès  1,99 € et à ce tarif là en plus ils sont beaux - aux Editions Lito, plus de 40 titres de contes dans la Collection "Mini-contes classiques" - tout un choix de contes dans un format confortable pour la lecture et bien illustrés.

**pour moins de 3 € 
Miniclassiques Père Castor
Mini Syros
Paroles de Conteurs
- Les Miniclassiques du Père Castor - Editions Flammarion Jeunesse Les mêmes que les "Père Castor classiques " en format plus réduit, mais avec un contenu identique.

- Des livres petits par la taille mais grands par le texte : Les Mini Syros de la collection "Parole de conteurs" - le texte seul de certains grands contes d'auteurs - Editions Syros qui font beaucoup pour le conte  et les conteurs - 2.95 €.

P'tits classiques - Auzou

** pour moins de 4 €
Les "P'tits classiques des Editions Auzou une vingtaine de contes des illustrations claires - les contes tels : Le Petit Poucet, Boucle d'or mais aussi Peter pan, Pinocchio, Peau d’Âne ... pour 3.95 €




** Autour de 5 € plusieurs offres 
Père Castor, une édition classique
mais aussi une Blanche Neige actuelle
Père Castor classique - Flammarion

L'immense collection ancienne de livres pour les enfants, collection du Père Castor que tous connaissent - Vous pouvez y trouver des contes issus de tous les pays, en plus des contes classiques - un apport considérable pour la diffusion des contes. Cette collection aux Editions Flammarion accompagne plusieurs générations et elle n'a pas pris une ride : Roule Galette, Epaminondas, Michka, Poucette, Les trois petits cochons, Tom Pouce ... et beaucoup, beaucoup d'autres.


Petits contes classiques - Magnard Jeunesse
- Les Editions Magnard Jeunesse (au presque même format que le précédent) - propose une collection généreuse en livres souples, la collection "Petits contes classiques", elle diffuse des contes aux illustrations résolument modernes et colorées : Le petit chaperon rouge, Cendrillon... et  voyez cette tendre Boucle d'Or.
Belles Histoires - Bayard


- La revue Belles Histoires des Editions Bayard en plus du magazine sur abonnement toujours d'actualité autour de 6 € par mois ; édite également, des contes forme livre,  issus de leur revue qui depuis longtemps est présente sur la scène des enfants : Le petit Poucet, le voyage de Nils Holgersson, Le vilain petit Canard...



Mille et une histoires - Fleurus
- N'oublions pas la revue Mille et une histoires des Editions Fleurus - un plaisir renouvelé, celui de recevoir chaque mois 3 histoires ou contes autour d'un thème avec un dossier explicatif adressé aux parents sur les origines et le sens des histoires.
Raiponce dans "Mille et une histoires"
Les petits cailloux - Nathan

- Les Editions Nathan propose à partir de 3 ans autour de 5 € les collections Les petits cailloux  et, Les petits cailloux du Monde pour accompagner les premiers pas des enfants dans le monde merveilleux des contes :  Hansel et Gretel, La princesse au petit pois, Le chat botté, La petite poule rousse, La Baba Yaga, Le tigre et le petit chacal ....



Conte bilingue français arménien
**Entre 7 et 10 €

4 contes populaires
de Serbie
Les Editions L’Harmattan proposent des collections pour diffuser les contes de tous les pays - des contes populaires, traditionnels, méconnus de notre culture mais important pour la culture de leur pays d'origine, les collections : "Contes des 4 vents", "contes bilingues", 
" Légendes des Mondes" 
toutes ces collections apportent une ouverture aux autres cultures et restent abordable.

Il a d'autres éditions que vous aimez, même beaucoup d'autres éditions de livres de contes qui apportent aux contes de beaux textes, des albums "cadeaux à offrir" sans modération : Gautier Languereau, L'école des loisirs, Le Sorbier, Rue du Monde, Didier jeunesse,  Gallimard jeunesse, Syros, Gründ.... 
Intervenez sur ce blog pour apporter votre contribution... parlez-nous de vos coup de cœur !

On me dit qu'il y a d'autres éditeurs qui proposent des livres de contes à moins de 10 €, Oui, oui, oui il y en a. 

Je ne prétends pas avoir fait le tour des éditeurs et j'ai fait des oublis : j'ai oublié des collections qui offrent des titres en livre souple à format "mini", des éditions en petits formats à prix réduits de grands albums cartonnés de leurs collections permettant à tous de se les offrir :  
col. Petits Gautier - Gautier Languereau

** collection "Lutin poche" des éditions Ecole des loisirs autour de 5 €  
col. Lutin poche - Ecole des loisirs




**collection "Les Petits Gautier" des Editions Gautier-Languereau autour de 5 € également - 





**Moins de 10 € et parfois moins de 5 € :
Pour les enfants un peu plus âgés,  des livres format poche (ou juste un peu plus grand),  des textes de contes, souvent plusieurs contes :  L'école des loisirs en collection Mouche ou Neuf, chez Castor poche Flammarion, Folio Junior, Syros en collection Le Tour du Monde d'un conte,  Seuil Jeunesse, Milan, Livre de Poche, Hachette Jeunesse, Nathan, Editions Sud-Ouest, Babel..... et bien d'autres encore. 








dimanche 4 septembre 2016

La magie opère toujours. Pourquoi le conte ?

*Conter c'est se faire plaisir.

Conter une histoire, c'est toujours conter un peu de son histoire... La parole va du conteur vers l'auditeur, elle tisse un lien avec chacun des présents, enfants ou adultes. Conter, c'est entrer dans un monde imaginaire qui parle du bonheur et du malheur, des épreuves, de la méchanceté des hommes mais aussi de leur sagesse, le conte enfin parle de la vie.
Conter, c'est partir en voyage, rêver, s’amuser avec des mots... Les contes touchent à tous les âges à condition d’accepter la part d’enfant  qui est en chacun de nous.

*Les contes se transmettent depuis des générations et continuent à servir de référence. 
De l’enfance à la vieillesse, les contes font partager des moments forts entre grands et petits. L’enfant écoute, vit l'histoire et devient tour à tour héros, loup, objet... 
Depuis toujours l'homme a aimé les récits extraordinaires, les épopées. Les récits des conteurs ont transporté des événements en les habillant de merveilleux, des légendes sont nées et parcourent encore le monde.
Depuis le monde antique les contes populaires ont voyagé avec succès et dès le Moyen-âge, la magie de l'Orient c'est ajoutée aux récits de l'Occident.
Le conte fait partie de la tradition orale, il appartient à la culture populaire, il est lié à l'histoire des sociétés. 
Cette culture est encore vivante aujourd'hui dans de nombreux pays.

*Dans notre société matérialiste on ne croit plus aux contes de fée… pourtant, sa magie opère.
Très longtemps, ce sont aux adultes que les contes s'adressaient. 
Avec les progrès de la scolarisation, vient le temps de la diffusion de la littérature, et le conte lui, devient genre littéraire. 
A la même époque des grandes collectes rassemblent des contes traditionnels et populaires. Les frères Grimm (1785-1863) ont accompagné le 19 ème siècle, ils recueillent des contes oraux et en publient des versions qu'ils ont réécrits (et parfois rendus conformes aux idées de leur époque). 
Sur leurs traces d'autres "collecteurs" voyagent dans toute l'Europe et recueillent des contes qu'ils ont souvent sauvés.

Dans nos sociétés des 20ème et 21ème siècles ou l'écrit règne, le conte a été dévolu aux enfants, et on a commencé à parler de "contes pour enfants." Lire des histoires aux enfants a souvent remplacé l'art de conter, et l'explosion de la littérature jeunesse et le mode de vie moderne a fait un temps écran aux contes traditionnels.

*Le conte séduit notre imagination.
Depuis quelques années on redécouvre le plaisir de conter. 
Le récit n'a pas besoin d'être vraisemblable, il nous transporte dans des décors fabuleux ou terrifiants, la magie intervient à tout moment. 
Il appartient à la langue orale, la langue imagée, à la poésie, c'est une introduction à la langue littéraire.
Qu'il soit d'ici ou d'ailleurs, il s'adresse à toutes les oreilles. C'est une porte qui s'ouvre, un passage pour celui qui écoute. Il permet à l'enfant d'entrer dans un monde sans barrière.
A  travers les aventures du héros l'enfant fait des expériences sans risques. Il vit tour à tour des émotions positives ou négatives : les personnages du conte sont clairement identifiés, le bon est bon, le méchant est méchant, le mal-aimé va trouver de l'aide, le fourbe est puni, les épreuves sont surmontées.

*Le conte vient au service de sa construction d'homme.
Certains pensent que le monde des contes est simpliste mais un enfant en construction est double ; il est en même temps "l'enfant du jour" celui qui nous charme, celui qui veut bien faire, celui qui nous aime, celui qui veut se conformer et il est aussi "enfant de la nuit" celui des cauchemars, le jaloux, l'impulsif, celui qui s'en veut de ne pas réussir, le révolté, l'angoissé...
Le conte s'adresse à l'enfant tout entier, il offre des repaires à son imaginaire. Il comprend qu'il lui faut affronter les épreuves et que l'on peut venir à bout des obstacles.

*Emotion et plaisir, le conte tisse ou de retisse des liens.
Dire ou lire des contes à nos enfants, c'est les aider à se structurer. 
Dans les librairies on trouve une profusion de livres pour enfants et dans ces livres de nombreux livres de contes. Pour choisir, quoi conter ? Ce n'est pas difficile, la bonne histoire c'est celle qui nous plait. Si l'histoire nous plait c'est qu'elle nous touche et c'est cette émotion que l'on partage avec l'enfant.
Dans notre société agitée, les parents n'ont pas souvent le temps de prendre le temps. Les grands parents peuvent parfois offrir ce temps-là à leurs petits enfants.
Certains enfants n'ont pas ou peu accès au conte, il est important que des relais fassent un travail qui leur soit tout particulièrement destinés (associations, aides scolaires, bibliothèques...)

*Le conte, c'est pour tous les enfants du monde.
Tous les peuples, toutes les cultures ont un monde oral qui fonde les relations entre les hommes. 
Sous des habillages divers on retrouve des thèmes communs et des personnages similaires dans tous les pays du Maghreb jusqu'en Chine.
Dans les sociétés d'oralité...." le conte est aussi outil d'éducation, il sert à l'apprentissage des codes sociaux, à la maîtrise de la parole. Il aide l'enfant à se construire en développant son imaginaire, sa créativité, son intelligence. A travers ses messages, le conte contribue à construire l'être social..."  Suzy Platiel - ethnolinguiste au CNRS, résume parfaitement ce que le conte apporte à tous les enfants du monde.

mercredi 10 août 2016

Des mots pour le dire, le conte infatigable

Petit Chaperon Rouge 1862 
peinture Isabel Naftel 
"Le conte, ce pèlerin infatigable parti de la nuit des temps, marcheur curieux de tout. Que de semelles usées à parcourir le monde. 
La terre n’a plus de secret pour lui, montagnes, ciel, océans, forêts… 
Ses semelles, il les ressemelle de bleu, de jaune, de rouge, de noir....
Peut-être pensez-vous que c’est un conte d’ici. Oh ! Que non ! Ou peut-être que si, allez savoir. 
Le "Pierre et le Loup" de mon enfance
ill; J. Guyot édit. 1957
Il apparaît ici, le temps de l’attraper, hop, il est en Chine, il est en Afrique, et nous revient avec les yeux bridés ou la peau sombre".  Edith Colas conteuse

*L'importance de la parole
Conte à rêver

Mettre des mots sur les choses. Utiliser la parole pour nommer, décrire et communiquer des événements, des émotions, des êtres et donner ainsi en pâture à l'enfant, le pouvoir et la puissance des mots.
Mettre un mot sur une peur, sur une angoisse sur une joie intense, c'est mieux la repérer et ainsi la "mettre à distance", distance nécessaire pour mieux voir arriver "le danger". C'est primitif, mais tellement naturel.
Conte en maternelle Les Joncherolles
à Saint Denis (93)
On peut reconnaître que la parole demeure un garde-fou contre le passage à l'acte de l'enfant. L'expression verbale d'une émotion, d'un sentiment, peut bien souvent lui éviter l'agression physique de l'autre, objet de sa colère.

"Une des fonctions essentielles du conte est d'imposer une trêve au combat des hommes." Daniel Pennac

L'enfant doit sentir ou ressentir quand on lui propose un conte, qu'il s'inscrit dans l'histoire de l'Homme. Que certaines histoires ont besoin d'être véhiculées à travers les générations, bien au delà de lui, bien avant lui, et bien après.
Par ce biais, il peut aller vers la conscientisation du fait d'appartenir à une globalité, qu'il s'inscrit dans un processus : celui de l'histoire de l'Humanité.

Conter à la maternelle Delaunay
à Saint Denis (93) 
A son tour, à sa manière, un jour, peut-être, il transmettra. Conter tisse du lien entre ceux qui écoutent parce que c'est de la mémoire collective faisant appel à l'Humanité dont s'agit ; et parce qu'à côté de lui un autre réagit lui aussi à l'écoute de la même histoire. Le Conte est social".

"A l'écoute d'un conte, l'auditeur n'est pas seul pour affronter ces situations terribles : il est entouré de ses amis et il s'aperçoit qu'ils ont aussi peur que lui. Il sent donc que ses angoisses sont normales et qu'elles peuvent être maîtrisées." dit Edith Montelle dans son ouvrage "Paroles Conteuses".

*Mettre le Monde en ordre
Le monde est perçu par les enfants comme chaotique. Les événements sont isolés, indépendants, non reliés entre eux. Parfois même "tout est en tout", comme un énorme magma. Ce qui explique souvent les angoisses de l'enfant face à des faits qui nous paraissent anodins.
Arbre à conter en Afrique
Le Conte et le conteur  permettent à l'enfant de mettre son monde en ordre. De relier les choses, de les ranger, à une place, pour mieux les repérer, pour mieux les retrouver, pour mieux les apprivoiser et rendre le tout moins dangereux.

Le Conte dit à celui qui écoute : "Tu n'es pas seul. D'autres avant toi ou à côté de toi ont vécu ou vivent la même chose" Il sort l'enfant de son égocentrisme pour le planter dans un tissu social.

Comme l'a montré Piaget, la pensée de l'enfant reste animiste jusqu'à l'âge de la puberté. "Ses parents et ses maîtres lui disent que les choses ne peuvent ni ressentir ni agir; il a beau faire semblant de le croire, pour plaire aux adultes, ou pour ne pas être tourné en ridicule, il sait, tout au fond de lui-même, à quoi s'en tenir".


**deux extraits du site "le conte, le conteur et l'enfant" : www.apple-paille.com  - un site où vous trouverez tout ce que vous voulez savoir ou presque sur le conte et les enfants.

Il y a déjà 40 ans en 1976 le psychiatre et psychanalyste américain, Bruno Bettelheim écrivait dans "Psychanalyse des Contes de fées"

Conte "Les Fraises en Hiver" en France, 
depuis la fin du  moyen-âge, mais aussi ...au Japon
illustré par une enfant de 6 ans
... "Les contes de fées ont pour caractéristique de poser des problèmes existentiels en termes brefs et précis. L’enfant peut ainsi affronter ces problèmes dans leur forme essentielle, alors qu’une intrigue plus élaborée lui compliquerait les choses. Le conte de fées simplifie toutes les situations. Ses personnages sont nettement dessinés ; et les détails, à moins qu’ils ne soient très importants sont laissés de côté. Tous les personnages correspondent à un type ; ils n’ont rien d’unique.
Contrairement à ce qui se passe dans la plupart des histoires modernes pour enfants, le mal, dans les contes de fées, est aussi répandu que la vertu. Dans pratiquement tous les contes de fées, le bien et le mal sont matérialisés par des personnages et par leurs actions, de même que le bien et le mal sont omniprésents dans la vie et que chaque homme a des penchants pour les deux.

C’est ce dualisme qui pose le problème moral ; l’homme doit lutter pour le résoudre."

Dans "Fables et Légendes du Japon" par Claudius Ferrand - 13 fables et légendes japonaises recueillies et mises en mots par le missionnaire Claudius Ferrand en 1901. Surtout ne l'oubliez pas quand vous lisez le texte.... (nous sommes en 1901 et la morale de l'époque est lourdement assénée par l'auteur). 

Les Fraises de décembre

Il y avait une fois une veuve, qui s’appelait Faucon. Elle habitait, avec ses  deux filles, l’un des quartiers les plus pauvres de la petite ville de Naga. La  plus âgée
Contes et légendes du Japon 1901
Claudius Ferrand
des deux enfants, qui répondait au nom de Chrysanthème, n’était en  réalité que sa belle-fille, née de la première femme qu’avait eue son défunt  mari.
La veuve ne l’aimait point; elle se montrait pour elle une cruelle marâtre.  Toutes ses préférences étaient pour Rose, sa propre fille.

Faucon avait le tort, très grave chez une mère, à cause des conséquences  qu’il entraîne, de gâter une de ses enfants et de maltraiter l’autre. Autant  elle témoignait à Rose une indulgence excessive, cédait au plus petit et au plus  ridicule de ses caprices, passait par dessus tous ses défauts, autant elle était  sévère et brutale envers Chrysanthème, lui refusant jusqu’aux choses  nécessaires, et la maltraitant pour un rien.

A Rose, toutes les caresses, toutes  les friandises, toutes les attentions délicates; à Chrysanthème, au contraire,  toutes les vexations, toutes les privations, toutes les réprimandes, et très  souvent les coups. 
La première possédait de beaux habits de soie, qu’elle  changeait et ornait au gré de ses caprices; la seconde était vêtue pauvrement,  ses habits étaient d’étoffe grossière, et elle ne pouvait y ajouter aucun  ornement. C’est elle qui faisait tout l’ouvrage de la maison, se levant de bonne  heure, travaillant toute la journée, et se couchant très tard, tandis que sa  sœur faisait la grasse matinée, s’amusait tout le jour et se couchait dès  qu’elle avait sommeil.

Rose, étant une enfant gâtée, avait un mauvais caractère, elle était  orgueilleuse et méchante. Chrysanthème, au contraire, était bonne comme un ange  et douce comme un agneau. Elle cherchait à ne point porter envie à sa sœur,  acceptait sans se plaindre toutes les réprimandes, injustes pour la plupart, qui  ne cessaient de pleuvoir sur elle, ne se fâchant jamais et faisant sans murmurer  tout le travail qu’on lui ordonnait de faire.
illustration du livre de 1901

On était au milieu du mois de décembre. La neige tombait à flocons. La campagne était toute blanche et il faisait  bien froid.
Tandis que Rose se chauffait, assise sur la natte, les deux mains appuyées  sur les bords du brasero, Chrysanthème était à la cuisine, nettoyant la  vaisselle avec ses petites mains gelées.
Cédant à une brusque fantaisie, Rose appelle sa mère:
– Maman, lui dit-elle, je voudrais bien manger des fraises!
– Des fraises, ma chérie? lui répond amoureusement sa mère, mais tu sais bien  qu’il n’y en a plus! La saison en est passée. Veux-tu que je t’achète des  oranges?
– Non, maman, je ne veux pas d’oranges. Ce sont des fraises que je veux!
Et elle se met à pleurer. Une mère raisonnable lui aurait dit alors: 
– Que signifient tous ces caprices? Tu vas te taire à l’instant, ou sinon je  te donne le fouet.
Faucon n’était pas une mère raisonnable, habituée à céder à toutes les  fantaisies de son enfant elle lui répond, en caressant ses cheveux:
– Allons! ma mignonne, ne pleure pas, je vais voir s’il y a moyen de te  procurer des fraises.
Elle appelle Chrysanthème qui travaillait à la cuisine. Celle-ci accourt  aussitôt.
– Écoute, petite paresseuse, dit la marâtre d’un ton rogue, ta sœur Rose  désire manger des fraises. Va-t’en dans la campagne. Il en reste peut-être  encore… tâche d’en trouver et d’en rapporter quelques-unes.
– Mais, ma mère, se hasarde timidement à dire la fillette, il ne doit plus y  en avoir. Et puis, il fait bien froid et la neige…

Elle n’avait pas fini de parler qu’une main s’appliquait avec force sur  chacune de ses joues:
– Tiens, voilà pour t’apprendre à ne point murmurer et à obéir, quand on te  commande… M’as-tu comprise, méchante enfant ? Tu vas aller à la campagne, et de  toute façon, il faut que tu t’arranges pour rapporter des fraises. Ta sœur Rose  en désire. Allons! dépêche-toi…
Chrysanthème, dans son cœur, pensa que sa mère était bien cruelle de  l’obliger à aller, en plein mois de décembre et avec une pareille neige,  chercher des fraises dans la campagne. Mais elle ne savait pas se plaindre ni  désobéir.
Elle prit donc un panier, et toute triste sortit de la ville. Elle marcha  longtemps. La neige tombait toujours, et il faisait bien froid. Ses petits pieds  sans chaussures eurent beaucoup à souffrir…
Chrysanthème prit un panier, et toute triste, sortit de la  ville.

Elle avait beau marcher, il n’y avait pas de fraises. Aussi loin que sa vue  s’étendait, elle n’apercevait dans la campagne que le blanc manteau de neige qui  couvrait le sol, et les arbres qui en sortaient pleurant des larmes blanches.  Chrysanthème fatiguée songea à retourner à la maison. Mais elle entrevit alors  la réception qui l’attendait si elle rentrait les mains vides. Elle savait  qu’elle serait battue. Alors, toute triste et toute rêveuse, elle s’assit sur le  bord d’une pierre, après avoir, de sa manche, secoué la neige qui la recouvrait;  et ne sachant plus que faire, elle se mit à pleurer.
illustration du livre de Claudius Ferrand 1901

Chrysanthème pleurait, la tête dans les mains… Soudain elle se sent frapper  légèrement sur l’épaule. Elle lève la tête et aperçoit une femme très vieille,  très vieille, dont le corps courbé en deux s’appuyait sur un bâton.
– Pourquoi pleures-tu, mon enfant ? lui dit celle-ci avec une grande bonté  dans la voix. Chrysanthème lui raconte le motif de son chagrin et de ses larmes.
– Eh bien, ne pleure plus, reprend la vieille femme, viens, je vais te mener  à un endroit où tu trouveras en grande quantité de bonnes fraises bien mûres.

Chrysanthème, toute joyeuse, se lève, essuie ses larmes et se laissant prendre  la main, s’en va où la conduit la bonne et compatissante vieille. Elles arrivent  ainsi à la lisière du bois. Alors elles s’arrêtent. La vieille femme frappe deux  fois ses mains l’une contre l’autre. A cet appel, un homme qui paraît avoir  trente ans environ sort du bois et s’approche. La vieille se tournant vers  Chrysanthème.
– Ma fille, lui dit-elle, il faut que tout d’abord je te dise qui nous  sommes.
Je m’appelle Fuyunomikoto, je suis la déesse de l’hiver. Ce jeune homme  est mon fils. Il est le dieu de l’été et s’appelle Natsunomikoto. Puis,  s’adressant à ce dernier :
– Mon fils, voici une brave enfant qui cherche des fraises, fais qu’elle en  trouve et en emplisse son panier.
Le dieu de l’été s’incline alors profondément devant sa mère en signe de la  plus humble soumission. Puis, joignant les mains et levant les yeux au ciel, il  prononce quelques paroles mystérieuses.
Au même instant, ô prodige! la nature se transforme. La neige disparaît; la  campagne se couvre d’herbes verdoyantes, les arbres se chargent de fruits, une  douce chaleur succède au froid de tout à l’heure, la terre a pris l’apparence  qu’elle a au mois de juin. On voit en quantité de belles fraises bien mûres  répandues parmi les fleurs.

Chrysanthème cueille les fraises et ne met pas longtemps à remplir son  panier, tellement elles sont abondantes. Quand le panier est bien plein, la  fillette veut remercier ses illustres bienfaiteurs. Mais elle ne les voit plus.  Et voilà que les herbes, les fleurs et les fruits ont disparu à leur tour; la  neige couvre de nouveau le sol et les branches des arbres; la nature a repris  son apparence de tout à l’heure.
Chrysanthème se demande d’abord si elle n’a pas fait un rêve. Puis, voyant  son panier rempli jusqu’au bord de belles fraises rouges, elle comprend que le  ciel est venu à son aide, a eu pitié de son chagrin et de ses larmes. Et,  débordante de joie, elle rentre à la maison…

Faucon et Rose furent vivement surprises de voir les belles fraises que  Chrysanthème apporta. Mais, il n’y eut pour la pauvre fillette ni remerciement,  ni récompense. Elle reçut l’ordre de retourner à la cuisine continuer son  travail interrompu. Pendant ce temps, la mère et la fille mangèrent toutes les  fraises que Rose trouva excellentes.
Quand elles eurent tout mangé, Rose dit à sa mère:
– Maman, il doit y en avoir encore à la lisière du bois. Je veux y aller,  pour en cueillir moi-même.
– Il fait bien froid, ma chérie! Tu pourrais t’enrhumer. Il vaut mieux ne pas  sortir aujourd’hui. Après dîner, j’enverrai ta sœur en ramasser encore.
– Non, maman, je veux y aller moi-même, répéta l’entêtée jeune fille.
La mère devait céder, elle céda…

Faucon et Rose mettent leurs plus chauds habits, prennent chacune un panier  et sortent, sans même prévenir Chrysanthème de leur départ. Elles se dirigent  vers la lisière du bois. Elles marchent longtemps. Mais il n’y avait plus de  fraises. Elles voulurent rentrer et ne retrouvèrent plus leur chemin.  Chrysanthème attendit jusqu’au soir leur retour. Puis, comme elles ne revenaient  pas :
La jeune fille à la robe de papier seule dans la neige
dans le conte "Les trois nains de la forêt"
– Elles seront peut-être allées à la lisière du bois! se dit-elle.

Et, toute tremblante, elle sortit et alla à leur rencontre. Quelle ne fut pas  sa surprise et sa douleur de les trouver toutes les deux étendues côte à côte  dans la neige!… Faucon et Rose avaient perdu leur chemin et étaient mortes de  froid.


Et dans le conte de Grimm "Les Trois nains de la forêt" on  retrouve parmi d'autres, des éléments semblables
.... l’épouse devient jalouse de sa belle-fille. Un jour d’hiver, elle envoya sa belle-fille, habillée d’une robe de papier, et lui ordonna d'aller chercher des fraises en forêt. 
En chemin, elle aperçut une cabane où vivaient trois nains.... elle accepta de partager son maigre repas et de balayer la neige à la porte de derrière.
Dès qu’elle fut dehors, chaque nain lui accorda un don pour la récompenser... Quand la jeune fille revint avec les fraises , la belle-mère fut surprise, et ce, d’autant plus qu’une pièce d’or tombait de sa bouche dès qu’elle parlait...

La demi-sœur fut jalouse, c’est pourquoi, elle voulut se rendre aussi dans la forêt. Elle fut si désagréable avec les nains qu’elle rencontra qu’elle en reçut trois punitions...  



jeudi 4 août 2016

Conte à Capbreton ... Encore un festival !

Affiche du festival 2016
L'estacade de Capbreton
Encore une fois, j'avais rendez-vous avec le festival du Conte à Capbreton dans les Landes.

Cette année c'est dans les tous premiers jours d’août que la 27ème édition du festival, fait se rencontrer : les mots du conte, les histoires sans mots, les images pour accompagner les mots. Tous ces univers voisins sont présents.
Le festival se prolonge encore jusqu'à jeudi soir dans "la ville à la mer" au bord de l'Atlantique propice à toutes les évasions.



Laurent Rogero (texte, manipulation, projection)
Hier mardi au jour 2 du festival commencé la veille au soir, la matinée débutait avec une rêverie musicale pour toutes les oreilles de la compagnie Anamorphose.
Un poète nous racontait 
La petite sirène, mêlant images dites et créées en direct (grâce à son rétroprojecteur complice). Andersen dans le texte intégral accompagné d'un musicien complice qui vivaient en duo.
Un magnifique travail d'artistes Laurent Rogero et Olivier Colombel ont emporté la salle qui a vibré, tant les petits que les grands, un beau, bon moment magique.
Léandre Ribera n'a "Rien à Dire"

Une après midi à la plage puis un rafraîchissement sur la place de la Mairie et là, un artiste espagnol nous a raconté une histoire en français, son histoire "Rien à dire."
Léandre Ribera a enthousiasmé le public nombreux : enfants et parents, grands parents aussi, commerçants et serveurs... tous ont ri à son langage universel celui du mime de qualité. Ses chaussettes jaunes sont aussi nombreuse que la générosité de son jeu.

Dès la fin de cette récréation dans la ville à 19 heures "l'apéro conte" nous attendait en plein air dans un jardin public baigné par le boudigau (le canal). 
le public d' l'apéro-conte de mardi 2 août

L'apéro conte un grand classique du festival, deux conteurs nous ont fait partager leurs chemins. Elisabeth Troesler et Frédéric Naud ont conquis les 350 auditeurs rassemblés dans un gradin bien plein, les enfants et les autres.


Elisabeth Troesler
Frédéric Naud
Nous avons partagé l’histoire de "La jeune fille sans mains" revisitée par l'univers étrange et moderne d'Elisabeth Troesler, une bretonne qui aime l'eau froide du bout des pieds, 

et Frédéric Naud (avant de livrer aux festivaliers sa "Méningite des poireaux" prévue le soir même) nous a remis en bouche avec l'histoire d'"Un Bon père" polonais, affamé, aux prises avec une sorcière "gigantescobariquesque", mère d'un diable rouge, benêt venu la secourir. Mais le diable, couleur de viande crue, n'a pu résister à la nuée d'enfants sous alimentés auxquels le Bon père avait promis un vrai repas.
Extravagance, fantaisie, humour, du conte nu comme on l'aime, juste avec soi et les oreilles des présents.
D'autres rendez-vous vous attendent tout au long du festival 17 au total pour tous les goûts, tous les univers.
sur la scène d' l'apéro-conte à Capbreton le 2 août